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PROCESSUS DE CRÉATION DU COMPOSTEUR « BILOBÉ » by Transfarmers

Pendant la phase de défrichage créatif qui a débuté en 2016, j’ai proposé à l’équipe des Transfarmers différentes approches constructives, sélectionné des matières, et des formes appropriées à leur pertinent projet de lombricomposteur-pot de fleurs. Après un long processus de sélection, l’équipe a finalement choisi la technique la plus intéressante, mais aussi la plus risquée : la terre cuite, pour ses vertus et l’évidence de son usage dans les objets liés aux plantes vivantes côté face, mais aussi pour la complexité de sa mise en œuvre côté pile.

Romain Cuvellier, 2019

Designer de produit innovants

Enseignant le design, la technologie, le dessin

La forme idéale pour un composteur est un cône, il sera ici donc de terre cuite….

On charge la petite ouverture du cône des déchets verts ou de cuisine compatibles, d’un peu de carton et, par gravité, la digestion commence. Le processus se poursuit à mesure de la descente. Au bout du chemin, le compost est prêt.

J’ai eu l’idée de plier littéralement ce long cône en deux, rapprochant ainsi la petite bouche d’entrée de la large sortie, les épluchures initiales du terreau fertile dans lequel il suffirait d’installer les plantes, en compactant par là même le volume général de l’objet.

© Romain Cuvellier

© Romain Cuvellier

Grâce à ce pli, deux volumes apparaissent, s’interpénètrent ou émergent l’un de l’autre, composant une forme dédoublée, jumelle ou plutôt siamoise, car ayant une base commune servant de pied à l’ensemble. À l’image de la feuille du gingko, symbole de longévité et d’enrichissement mutuel, le volume obtenu est bilobé, chacun profitant et bénéficiant de l’autre.

Puis la trappe de récolte du compost est arrivée, avec cette ouverture oblongue en partie basse, l’objet prenait une forme presque humaine, totémique, tribale. Tel un Moaï des cuisines et des terrasses, une divinité du compostage urbain.

© Romain Cuvellier